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Mobilité à ERPENT : tous concernés !!
Compte-rendu de la conférence organisée par le Comité des parents
à l’école le jeudi 15 février 2007
Contexte global.
Pour celles et ceux qui l’ont eu en main, le premier article du premier Pit’ ERPENT traitait déjà du même sujet…[1] : les problèmes de mobilité aux alentours de notre école.
Le thème est à la mode, me direz-vous. Alors, profitons-en !
Toute une série d’initiatives fleurissent en Région wallonne et à BRUXELLES pour désengorger nos routes. Co-voiturage, auto-stop organisé : autant de manières de se déplacer autrement à moteur. Par ailleurs, des alternatives aux engins motorisés existent également : vélo, marche, …
Pourquoi dès-lors ne pas s’en inspirer pour résoudre les problèmes qui nous sont propres ? Surtout que l’avenir ne nous promet pas que du mieux en la matière : extension de la population de l’école et, par conséquent de ses bâtiments ; lotissement du plateau d’ERPENT et projet d’y installer 3000 logements supplémentaires ; construction acceptée par la Région wallonne d’un centre commercial au coin de la drève du parc ; etc.
Une enquête des Facultés Notre-Dame de la Paix de NAMUR[2] et une étude fédérale (laquelle a donné naissance au « Plan Octopus »[3] -conduit en Région wallonne par l’Asbl Empreintes[4]- nouvel instrument pour appréhender plus globalement tous les problèmes aux abords des écoles et proposant aux écoles une méthode qui permet de gérer intégralement et de manière autonome la problématique des déplacements scolaires) révèlent que :
- deux-tiers des déplacements vers l’école se font en voiture, pour les enfants de 6 à 12 ans. En humanités, les transports en commun grignotent un peu l’auto. BRUXELLES et Wallonie partagent cette tendance, tandis qu’en Flandre, le vélo est utilisé pour 50% des déplacements vers l’école en humanités ;
- la majorité des trajets est inférieure à 5km ;
- les migrations scolaires représentent près de la moitié des déplacements aux heures de pointe matinales ;
- l’utilisation d’autres transports entre 7 et 9 heures améliorerait la mobilité dans les agglomérations ;
- l’augmentation du nombre de voitures sur le chemin de l’école rend la situation aux abords de celle-ci toujours plus dangereuse. Et donc, de plus en plus de parents conduisent leurs enfants en voiture à l’école… Le cercle vicieux.
De nombreuses possibilités existent cependant pour rendre les cheminements vers l’école plus sécurisants et plus conviviaux.
L’association des parents vous a donc proposé une conférence sur ce thème le jeudi 15 février dernier, en soirée. Quelques valeureux et courageux parents étaient présents et ils ont eu raison car les intervenants étaient tous de qualité!
Après un exposé introductif de M. le Directeur et du Président du Comité des Parents, chacun est venu exposer, en quelques minutes, son domaine et sa spécialité.
Le Plan Octopus.
M. Patrick JACQUEMIN, pour l'Asbl Empreintes (association qui a pour but d'informer, de sensibiliser, de former, de mobiliser et d'interpeller la jeunesse sur les valeurs et les enjeux de l'écologie) nous a présenté le « Plan Octopus ».
Ce plan s'adresse principalement aux écoles fondamentales et primaires et à ses élèves pour agir sur la convivialité aux abords des écoles et sur les chemins qui y mènent et ceci, dans le but d'amener un maximum d'enfants à se rendre à l'école par leurs propres moyens.
Le plan implique tous les acteurs de l'école: commune, personnel de direction, enseignants, parents, enfants. Il se décline en huit étapes (que vous pouvez visualiser sur le site http://www.planoctopus.be/) et met notamment à disposition des enseignants divers outils pédagogiques (fiches, méthode des fils de la pelote de laine,...) afin de sensibiliser les enfants – et par conséquent, leurs parents – aux problèmes de mobilité et d'écologie.
Par ailleurs, une fois le processus terminé, Octopus pourra nous indiquer comment obtenir du matériel utile (affiches, chasubles, mobilier urbain ludique pour indiquer les zones 30,...) afin de mettre en oeuvre pratiquement l'un ou l'autre système choisi.
Grâce à l’enquête à laquelle vous avez été très nombreux à participer fin janvier (ce qui montre l’intérêt pour le sujet et nous vous en remercions), le système nous permet déjà aujourd'hui de visualiser la localisation des enfants sur la carte du grand NAMUR, ainsi que les moyens de locomotion utilisés pour se rendre à l'école.
Il est assez interpellant de constater que pour notre école, 89% des gens, bien qu'habitant en majorité dans un rayon de 2 km autour de l'école, utilisent leurs voitures!! Seuls 2% prennent leurs vélos, 2% utilisent les transports en commun et 7% viennent à pied.
L'Asbl Pro Vélo.
Fabian LORENT, Coordinateur pédagogique pour l’Asbl Pro Vélo Namur – Brabant Wallon – Luxembourg était déjà venu faire de l'éducation au vélo dans notre école il y a environ deux ans.
Cette fois, il est venu nous présenter un projet appelé "Brevet du Cycliste", financé en partie par la Région wallonne et la Ville de Namur. 20 classes du namurois sont déjà inscrites (essentiellement dans le centre ville et sur JAMBES).
Ce projet, qui se décline en plusieurs étapes, consiste en un cursus d’apprentissage permettant in fine à l'élève d'obtenir son « brevet », après avoir effectué un circuit seul, sous la surveillance de plusieurs observateurs (policiers, parents, enseignants, organisateurs,...). Le public cible est l'enfant de 5ème primaire.
Le but de la manœuvre est essentiellement de permettre à l'enfant d'acquérir une compétence pratique à la conduite en circulation et à la mécanique de son vélo, d'avoir quelques notions du code de la route, de le sensibiliser à l’environnement et à son cadre de vie immédiat et de lui donner l'envie de circuler à vélo.
L'Asbl Pro Vélo sponsorise également le ramassage scolaire à vélo (groupe composé de maximum sept élèves et un accompagnateur) et fournit, notamment, du matériel gratuit à cet effet. D'après M. LORENT, ce système peut facilement se mettre en place, mais implique que des parents (accompagnateurs) motivés prennent le projet en main.
Le Pédibus.
Mme Marie-Ange VANDECANDELAERE, membre de l'Asbl Gamah (Groupe d'Action pour une Meilleure Accessibilité aux personnes Handicapées), est venue nous parler du système Pédibus, ramassage scolaire qui se fait à pied.
Ce système existe déjà en France, en Suisse, au Canada… Le principe est extrêmement simple: un groupe d'enfants à partir de 4 ans est mené à tour de rôle par des accompagnateurs, sur le chemin de l'école. Comme le bus, le Pédibus accueille des enfants en différents endroits de l'itinéraire selon un horaire fixe. Les enfants qui habitent trop loin de l'école pour venir à pied, peuvent être conduits à un arrêt du Pédibus.
Divers objectifs sont ainsi poursuivis: la santé, l'activité physique, la sécurité, la socialisation, la diminution de la pollution, le désengorgement aux abords des écoles et la qualité de vie.
Pour la mise en place concrète du système, il faut la collaboration et le soutien d'un groupe de parents motivés, prêts à s'investir comme accompagnateurs. Mais ceux-ci peuvent également être les grands-parents, les enseignants, les riverains, les élèves du secondaire d'une autre école, des pensionnés, des agents de prévention et de sécurité, ...
Il faut ensuite déterminer les itinéraires les plus appropriés et les décrire précisément.
Enfin, il faut identifier les « points noirs » (absence de trottoirs, de passages pour piétons,...) du chemin de l'école, en collaboration avec les autorités communales, en vue d'y remédier de la meilleure façon.
L'Asbl Gamah peut offrir un soutien en définissant des aménagements pour obtenir des cheminements sécurisés vers l'école. Elle organise par ailleurs des animations en 3ème et 4ème primaires, pour sensibiliser les enfants à la sécurité routière.
L'expérience de terrain de l'école de la Sainte-Famille à BOITSFORT.
L'intervention de Mme Sylvie GILBERT, parent d’une équipe pilote en matière de mobilité en Région bruxelloise, a été fort appréciée du public. En effet, son école, partie de rien, a fait la démonstration de l’évolution des comportements puisqu’aujourd’hui, elle a développé un ramassage vélo, un ramassage à pied et s’attèle à la mise en place d’un système de co-voiturage !!
Mme GILBERT nous a tout d’abord présenté le projet défendu par l’école Sainte-Famille de BOITSFORT devant les autorités bruxelloises et nous a tout d'abord parlé du système de ramassage scolaire à vélo.
Celui-ci a démarré il y a quatre ans, à l'occasion de la semaine de la mobilité et a tellement bien fonctionné qu'il s'est poursuivi jusqu'à ce jour! Les parents doivent être porteurs du projet pour le rendre viable à long terme, car ils sont les accompagnateurs et les organisateurs du ramassage au jour le jour. Concrètement, cela demande un investissement d'un trajet par semaine, ce qui ne paraît pas insurmontable.
Les enfants, quant à eux, sont très preneurs et demandeurs. Par ailleurs, cela leur permet d'acquérir une sensibilisation aux dangers de la route, d'arriver plus éveillés en classe le matin et d'apprendre à gérer leurs cartables (poids).
Au niveau âge, ce sont les enfants de 5 à 10 ans qui sont visés. Après cela, souvent ils préfèrent se rendre seuls à l'école (« comme des grands »). Au niveau de l'infrastructure, des gilets ont été fournis par la Région bruxelloise et des parkings pour vélo ont été installés à l'école. Par ailleurs, un achat groupé de cadenas en U a permis d'éviter les vols.
Ensuite, Mme GILBERT nous a entretenu du ramassage scolaire à pied, mis en place au sein de son école il y a un an. Celui-ci fonctionne encore mieux que celui à vélo, car il est beaucoup plus flexible (on peut se limiter à un trajet aller). Cinq itinéraires ont été établis selon l'offre des parents et environ 50 enfants participent au projet, ainsi que 28 parents.
Au niveau âge, les enfants peuvent commencer dès 4 ans.
Enfin, Mme GILBERT nous a fait part du projet de la mise sur pied d'un système de co-voiturage, encore à l'étude au sein de l'école actuellement.
Essentiellement, en sa qualité de parent testeur, Mme GILBET a pu rassurer l'assemblée sur quantité de points. Elle a insisté sur le fait qu'il fallait tester le système pour l'apprécier et qu'il ne fallait pas voir trop grand au début. Finalement, l'effet boule de neige fonctionne et permet de grandir. Les avantages des divers systèmes sont nombreux: publicité pour l'école, auto-motivation des parents par leurs enfants, socialisation accrue, mobilité respectueuse de l'environnement.
Le service mobilité de la Ville de NAMUR et de la Police de NAMUR.
Mme Régine HENROZ, pour le service mobilité aux abords des écoles de la Ville de NAMUR, a déjà rencontré notre directeur et maîtrise le sujet pour le namurois. Son service a pour objectif d’améliorer la qualité de vie et la sécurité routière aux abords des écoles. Elle nous a expliqué que si des projets sont concrètement mis sur pied, son service pourra alors les transmettre au bureau d'étude, lequel pourra mettre en oeuvre divers aménagements.
Par ailleurs, la Ville de NAMUR a signé la charte d’adhésion au Plan Octopus et peut intervenir dans ce cadre également. Elle souhaite créer en collaboration avec les différents acteurs de terrain un cours (animation) sur la mobilité et les différents modes de transports alternatifs à destination des élèves de 5ème primaire (pour la rentrée 2007-2008).
Le service mobilité est donc un service relais entre les divers intervenants (M.E.T., Police, écoles, Asbl diverses, pouvoir communal, ...) qui permet d’aider dans la réflexion ainsi que dans la mise en œuvre d’actions, que ce soit sur le plan logistique, éducatif (cours), technique, administratif et financier (aménagements nécessaires, placement de mobilier urbain,…).
M. Michel LEGRAND, conseiller en mobilité à la Police locale de NAMUR, est venu compléter le panel. Il avait déjà eu des contacts avec M. JALHAY et c'est notamment par ce biais que l'on a à un moment changé le sens de circulation de la rue de la Pavée. C'est également avec lui qu'a été discuté un plan d'aménagement du parking, avec une entrée où elle se trouve actuellement et une sortie près des bulles à verre. Ce projet vient d'être approuvé et sera mis en place dans les mois à venir.
M. LEGRAND a également expliqué que des formations étaient organisées via la Police de NAMUR pour surveillants habilités pour aider aux abords des écoles, aux passages pour piétons (bénévoles, grands-parents, riverains, pensionnés,...). Un appel a été lancé à ERPENT, mais personne n’a répondu... Avis aux amateurs !!
Débats et échanges.
Au terme des exposés, un échange d’idées a eu lieu avec les parents présents. Divers points ont été abordés:
n Bus de ramassage scolaire. Personne ne semblait en avoir entendu parler et pourtant il existe! Un placet vient à cet effet d’être diffusé au sein de l’école par M. JALHAY. Ce transport est organisé pour les enfants pour autant que leur domicile ne se trouve pas sur une ligne publique régulière et que notre école soit la plus proche de leur domicile. Ce système est gratuit pour les enfants de maternelle et coûte environ 150 € / an pour les autres. De plus amples informations sont disponibles auprès du secrétariat de l’école. A creuser!
n Dépôt d'enfant. L'idée d'un parking de délestage au niveau du magasin « GANELLI » a été lancée, avec un départ de Pédibus jusqu'à l'école, via la rue de la Pavée. Le parcours paraît sécurisé (trottoirs) et permettrait d'éviter l'engorgement du parking de l'école.
n Présence policière quotidienne aux abords de l'école. Cette solution est manifestement dissuasive de toute une série de comportements inciviques que nous pouvons tous adopter au volant de notre véhicule, mais n'est pas envisageable matériellement (manque d'effectifs).
n Assurances. Les trajets à vélo ou à pied sont considérés comme une activité scolaire et sont couverts par l'assurance R.C. de l'école en cas d'accident. Seul bémol: les enfants de l'accompagnateur sont sous sa garde personnelle et sont donc couverts par sa propre R.C. familiale.
n Complexe commercial de la Drève du Parc. Il s'agira d'un bâtiment de 15m de profondeur, sur 4m de haut, composé de 16 logements, 10 surfaces commerciales, de bureaux et de garages en sous-sol. L'entrée dans le complexe se fera par la Chaussée de Marche, mais les camions de livraisons entreront par la Drève du Parc. Par contre, l'accès aux garages des logements se fera par cette rue uniquement et viendra encore alourdir le trafic aux abords de l'école. Au niveau politique, le projet a été refusé par la Commune, mais accepté par la Région wallonne, moyennant quelques modifications mineures. Un recours introduit par quelques riverains est actuellement pendant devant le Conseil d’Etat, lesquels espèrent une annulation et un renvoi du dossier à la Commune.
Conclusions.
Cette conférence était la prémisse d’un processus qui peut maintenant doucement se mettre en route. Le but ultime étant évidemment d’envisager la mise sur pied de l’une ou l’autre des solutions abordées, afin de pouvoir apporter notre goutte d’eau à ce véritable problème de société et, en fin de compte, améliorer notre quotidien et celui de nos enfants.
Bref, vous aurez compris que sans nous tous, cela est impossible et que seuls des parents motivés pourront tenir la distance.
La balle est donc désormais dans notre camp !
Pour le Comité des parents, (
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)
Régine Cornet d’Elzius.
Pour les personnes désireuses d’approfondir encore le sujet, voici une série d’autres liens intéressants :
- http://mobilite.wallonie.be/
- http://www.gracq.org/
- L’Asbl GREEN Belgium GREEN Belgium (Global Rivers Environmental Education Network) est une organisation active dans les domaines de l'environnement, du développement durable, de l'éducation et de la participation citoyenne. C'est elle qui co-finance (notamment avec l'Asbl COREN les plans de villes reprenant les différents élèves voulant participer à une action de mobilité : http://www.greenbelgium.org/
- http://www.coren.be/
- http://www.empreintesasbl.be/
- http://www.min-antoine.be/dossiers/dossiers.php?id_dossier=261
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